Un été sans entrain

Trois évènements majeurs ont ponctué cet été 2017 : tout d’abord, les tensions géopolitiques autour du dossier Nord-Coréen ont été vives autour des menaces verbales de Kim Jong-Un faisant écho aux tweets de Donald Trump. Ces évènements ont engendré une hausse du VIX, indicateur de volatilité du marché, aussi appelé « indice de la peur ». Cet indice qui, après avoir touché un plus bas historique le 26 juillet à 8.9%, est passé à plus de 17% le 11 aout dernier.

L’or, considéré comme valeur refuge, a également réagi en progressant de 1200$ l’once à 1300$. Enfin, la baisse des taux américains à long terme qui se sont contractés de 2.4% à 2.2% démontre à nouveau le regain d’intérêt pour l’un des actifs les plus sécuritaires au monde.

L’incapacité de Donald Trump à mener à bien son programme a été manifeste :

La « valse » des conseillers à la Maison Blanche est historique
La remise à plat de l’Obama Care ne prend pas forme
La réforme de la politique fiscale avec notamment la baisse du taux d’impôt sur les sociétés n’aboutit pas
Le rapatriement des bénéfices générés par des sociétés américaines en dehors du territoire national dans des conditions fiscales favorables ne semble même plus évoqué
Les grands programmes d’infrastructure ne sont plus d’actualité
Enfin, les publications des résultats du deuxième trimestre des entreprises ont rythmé les évolutions des marchés :

Aux Etats-Unis, les publications ont été bonnes dans l’ensemble, avec une croissance bénéficiaire affichée de 11% en ligne avec le consensus. Cependant, compte tenu du niveau élevé de valorisation des actions américaines (PE de plus de 20x les bénéfices 2017), les mauvaises publications ont une nouvelle fois été fortement sanctionnées comme pour Fresenius ou Deutsche Telekom.
En Europe, les taux de croissance des bénéfices sont ressortis à plus de 10%, ce qui est une bonne nouvelle au regard des valorisations des sociétés plus faibles qu’aux Etats-Unis. Ceci démontre que l’amélioration de la conjoncture européenne est réelle et semble s’accélérer.
Le marché mondial des actions en Euro (MSCI World Euro) a baissé de 1.01% en juillet après des baisses consécutives de 1.17% en juin, 1.44% en mai et 0.48% en avril. Le mois d’août s’inscrit en baisse de 0.9% ramenant ainsi la performance depuis le début de l’année à -0.71%.

Après cette baisse constante débutée en avril, les marchés devraient intégrer l’amélioration de l’économie européenne pour espérer renouer avec des performances positives.

D’autres indicateurs seront scrutés avec attention : l’inflation toujours trop faible dans le monde (Etats-Unis, Europe, Japon depuis de nombreuses années…) reste un point d’attention des Banques Centrales.

La capacité des Européens à imposer leurs règles et leur calendrier sur le dossier du Brexit sera également un élément clef pour les marchés.

Enfin, le niveau du cours du pétrole qui n’arrive pas à franchir la barre des 50$ (WTI) est décisif tant pour l’inflation que pour la géopolitique mondiale.

Aymeric DIDAY
Directeur de la Gestion sous Mandat

Achevé de rédiger à 16h30 le 01/09/2017