Les grands défis de la rentrée

La rentrée s’annonce pleine de défis pour les marchés.

En Europe, tout d’abord, des tensions ressurgissent. La crise monétaire en Turquie est apparue en août avec un effondrement de la Lire turque de 45% contre Euro sur 2018. Cette crise prend une tournure géopolitique aggravée par les américains qui veulent sanctionner le régime autoritaire d’Erdogan. De plus, l’Italie apporte son lot d’incertitudes avec le vote du budget prévu fin septembre qui s’annonce difficile. Enfin, la question lancinante depuis bientôt 2 ans est à nouveau posée : Brexit or not ? A ce jour, aucun accord n’a été trouvé alors que les dates butoirs arrivent à grands pas. Le sujet du montant de l’addition générale et de son paiement n’est pour l’instant absolument pas réglé.
Du côté de la BCE, une amorce de changement de discours avec une politique moins accommodante émerge. La fin des programmes de rachats d’actifs et la hausse des taux pour la deuxième partie 2019 sont envisagés.

Aux Etats-Unis, Donald Trump poursuit la guerre commerciale avec le reste du monde et a obtenu un accord avec le Mexique, mais pas encore avec le Canada. De son côté, la FED poursuit le resserrement monétaire dans un environnement économique qui reste bien orienté. Le taux de chômage est à 3.8%, la croissance américaine à 4.2% annualisés au 2ème trimestre 2018 malgré un déficit record qui pourrait atteindre les 900 milliards de dollars sur 2018. Dans ce contexte favorable, les valeurs technologiques américaines résumées dans l’acronyme GAFA (Google-Amazon-Facebook-Apple) défient la gravité avec des taux de croissance et des valorisations qui deviennent difficilement justifiables. Amazon et Apple ont dépassé les 1 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, ce qui représente pour Amazon un PE supérieur à 100 fois les bénéfices ! Nous avons donc cédé nos titres technologiques américains et nous ne participons plus à cette frénésie boursière qui nous renvoie à la folie de la bulle internet des années 2000.

Les pays émergents ont souffert cet été. L’Argentine connait une nouvelle crise monétaire majeure avec un effondrement du Peso de 55% contre Dollar. La Chine est la proie de la guerre commerciale avec les Etats-Unis. Toute accalmie sur les tensions Sino-américaines permettra aux marchés émergents, grands exportateurs, de rebondir.

Ainsi, les marchés européens affichent tous des performances négatives. Malgré les excellents parcours boursiers des valeurs de luxe françaises (LVMH, Kering, Hermès), le CAC 40 ressort en baisse de 1.3% en 2018.

Dans ce contexte, nous conservons une exposition mesurée aux marchés actions et privilégions les valeurs dont nous comprenons l’activité et qui bénéficient de l’environnement économique porteur comme, par exemple, 2CRSI (société technologique fabriquant des serveurs informatiques à haute performance) ou les fonds qui privilégient des sociétés de croissance comme Stryx World Growth.
Les secteurs industriels et les services informatiques, bien qu’ayant beaucoup souffert, ont été renforcés dans nos portefeuilles. Nous continuons d’investir dans des sociétés de taille moyenne et connaissant des situations spéciales comme les caisses du Crédit Agricole par exemple.
Notre exposition aux marchés émergents reste faible.
Nous avons initié une position dans un fonds d’obligations indexées sur l’inflation et couvertes contre une hausse des taux afin de profiter de l’inflation accrue aux USA et en Europe et demeurons prudents sur les obligations souveraines face au défi du financement de la dette des Etats.
Enfin, les stratégies Long Short ont bien du mal à tirer parti de la volatilité des marchés et se révèlent donc décevantes.

Malgré des résultats d’entreprise relativement bons tant en Europe qu’aux Etats-Unis, les marchés sont les victimes collatérales des tensions géopolitiques mondiales et du niveau de valorisation des investissements injustifié même s’il reste des poches et des secteurs de valeur dans le marché.

Aymeric DIDAY
Directeur de la Gestion sous Mandat