Le mot du Gérant

 

15 janvier 2019

 

Y aura-t-il des fausses notes en 2019?

 

Les actions mondiales ont fortement baissé au 4ème trimestre sur de nombreux marchés, à l’image du S&P qui a perdu 14% sur le dernier trimestre pour terminer l’année en baisse de 6,2% et l’Eurostoxx 50 qui affiche une perte de 14,3% en 2018. Les petites capitalisations ont été particulièrement touchées avec une baisse de 26,8% sur l’année pour le Cac Small Cap. Aucun secteur n’a été épargné par cette correction. Même les valeurs technologiques qui avaient fortement monté sur la première partie de l’année ont lourdement chuté en fin d’année.
Le ralentissement économique est réel, le FMI ne prévoit plus que 3,7% de croissance mondiale pour 2019 au lieu des 3,9% prévus en début d’année. La guerre commerciale se poursuit au fil des humeurs de Donald Trump et le Brexit ne trouve toujours pas d’issue. L’Italie a, quant à elle, beaucoup de mal à faire passer son budget auprès de l’Europe. Les conflits sociaux en France vont entacher la croissance et accroître le déficit. Enfin, l’Allemagne, locomotive de la zone Euro, subit les conséquences de la guerre commerciale sino-américaine comme premier exportateur européen.
En Asie, la Chine doit gérer le virage d’une économie de production à une économie de consommation, induisant naturellement une croissance économique plus modérée de l’ordre de 5,4%.
La Fed a poursuivi sa stratégie avec 4 hausses de taux et a annoncé un planning de 2 autres pour 2019. La BCE a mis fin à son programme de rachat d’actifs et laisse entrevoir de potentielles hausses de taux après l’été. Parallèlement, les courbes de taux restent extrêmement plates en raison de la faible croissance et inflation mais également de l’aversion au risque des investisseurs.
2019 devra relever de nombreux défis. Aux Etats-Unis, Trump entre dans une année préélectorale (élection le 3 novembre 2020). Ainsi, il va poursuivre ses réformes à un rythme soutenu. Ses grands dossiers sont le règlement du Shutdown qui dure depuis 4 semaines soit le plus long de l’histoire américaine ainsi que le financement de la construction du mur à la frontière mexicaine. Il doit également annoncer d’autres projets d’infrastructures sur le sol américain comme promis lors de sa campagne électorale ainsi que la poursuite des modifications du régime de santé de l’Obama Care. Trump compte également réguler certains secteurs comme les entreprises technologiques dont il aimerait une production accrue sur le sol national.

Dans ce sombre tableau, quelques lumières brillent : les banques centrales vont rester « Market Friendly » et n’iront pas casser une reprise mondiale. Les entreprises ont aussi affiché en 2018 des croissances bénéficiaires records et les perspectives sont toujours en croissance malgré des révisions de rythme plus en phase avec la réalité économique.

Dans cet environnement, nous conservons une part de liquidités importante dans les portefeuilles, et privilégions les grandes capitalisations pour lesquelles la liquidité est efficiente et la visibilité plus forte (Air Liquide, Berkshire Hathaway ou Essilor). Après une année difficile pour les Pays Emergents, nous voyons une opportunité de renforcement sur cette zone dont les valorisations sont attractives. La baisse en décembre des grandes valeurs technologiques américaines nous a permis de racheter des valeurs comme Amazon ou Netflix et nous profiterons de la volatilité du secteur pour faire des achats à bon compte. Le pétrole qui a également souffert de l’environnement avec l’Iran franchissant à la baisse les 50$ le baril, nous permet d’initier ou de renforcer des positions de ce secteur avec des titres comme Total, Haliburton ou Technip.

Tous les regards des investisseurs sont actuellement braqués sur les avancées des négociations entre Donald Trump et Xi Jinping qui ont le pouvoir de lever la plus forte incertitude qui pèse actuellement sur les bourses mondiales. La Chine et les Etats-Unis sont aujourd’hui les 2 métronomes qui donneront le rythme des marchés en 2019.

Aymeric DIDAY
Directeur de la Gestion