Le mot du Gérant

 

4 juin 2019 à 12h

 

Trump attaque !

 

Tel un va-t-en-guerre, Donald Trump a lancé les hostilités menant de front une guerre commerciale (biens importés) et une guerre technologique (propriété intellectuelle, droit des brevets). Ses ennemis sont bien identifiés : La Chine, le Mexique, bientôt l’Europe, et plus globalement, tous les pays susceptibles de faire du commerce en défaveur des Etats-Unis. Son slogan « America’s first » prend tout son sens et reste le maitre mot du Président américain.
Ses armes favorites sont les taxes sur les importations étrangères aussi appelées les «Tarifs ». Ces derniers s’appliquent aussi bien sur les matières premières agricoles que sur l’aluminium ou les biens manufacturiers asiatiques.

Ces guerres commerciales impactent directement la croissance mondiale en freinant les échanges entre les grandes puissances économiques mondiales. Le FMI a ainsi abaissé le taux de croissance mondiale à 3.3% pour 2019 contre 4% deux ans plus tôt. De plus, les taux d’intérêt font les frais de ces batailles en baissant fortement. Les taux 10 ans américains sont à 2.2% (contre 2.68% au 31 décembre 2018) et le Bund (taux 10 ans allemand) affiche un taux négatif de -0.2%. La recherche de sécurité ou de rendement pâtit de cette situation.
Dans ce contexte, nous avons accru la part de liquidités dans les portefeuilles suite à des cessions de titres comme Amazon, valeur au parcours boursier remarquable (+18% en 2019). Les grandes capitalisations sont présentes dans les portefeuilles au détriment des petites qui sont plus fragiles et liées à la croissance mondiale et dont la liquidité peut faire défaut lors de corrections boursières. La poche obligataire reste sous-pondérée et la gestion alternative est absente des portefeuilles.
Nous regardons avec attention l’évolution du pétrole dont le cours a baissé (56$ le baril sur le WTI) suite aux révisions à la baisse de la croissance mondiale faisant planer une demande de l’or noir moins soutenue. Nous voulons profiter de cette correction pour nous exposer prochainement à cette matière première. Concernant les actions émergentes, nous nous repositionnerons sur la zone si les tensions commerciales avec les Etats-Unis s’assagissent apportant ainsi une meilleure visibilité.
Ces « guerres » menées par le Président américain ne pourront pas être éternelles car elles pèsent sur le déficit qui est déjà abyssal et ne pourra pas être creusé éternellement. Trump veut être réélu lors des prochaines élections présidentielles américaines de novembre 2020. Sa campagne a d’ailleurs débuté et il doit tout faire pour avoir le soutien de Wall Street. Il doit donc concilier une politique pro marchés financiers tout en soutenant la croissance.

Cette dernière reste soutenue par des Banques centrales toujours accommodantes. La Fed est prête à baisser à nouveau les taux en cas de ralentissement économique. La Banque Centrale Européenne, quant à elle, réfléchit à des mécanismes pour aider les banques dont le placement des liquidités à taux négatifs impacte leurs résultats. Le 28 et 29 juin prochain se déroulera le G20 au Japon. Le président américain rencontrera son homologue chinois et le sujet des échanges commerciaux sera inéluctable.

L’été sur les marchés financiers se déroulera au rythme des tweets de Trump provoquant des soubresauts certains. La rentrée devrait apporter plus de stabilité et de rationalité avec les résultats des entreprises notamment et un discours présidentiel adouci pour séduire les investisseurs, alliés historiques de campagne du candidat Trump.

Aymeric DIDAY
Directeur de la Gestion