Le mot du Gérant

 

3 avril 2020 à 15h

 

Le virus et les marchés…

La crise sanitaire fait place à une crise financière majeure qui rappelle au monde entier ses failles et ses risques : les marchés financiers ont traduit à leur façon la violence de l’impact que cela va avoir sur les économies mondiales et sur les entreprises.

Dans le même temps, nous voyons naître des crises politiques graves et des comportements géopolitiques qui ne resteront pas sans conséquence lorsqu’il faudra en faire le bilan.

Pour autant, après la panique sur les marchés, l’augmentation de la volatilité, les ventes forcées par les trackers, l’heure est venue d’envisager la suite.

I – Scénario de sortie de crise

La crise sanitaire va durer et son impact sera plus long que prévu : Manque de masques, temps de dépistage, temps de retour au travail, reprise progressive de la consommation et de la production sont autant de thèmes qui vont générer du retard au redémarrage de l’économie mondiale.

Lors des dernières crises, les causes étaient différentes (crises financières principalement due à un excès de dette). Cette fois, ce sont des causes médicales qui sont à l’origine de cette crise financière. Avant la propagation de ce virus, l’endettement mondial avait déjà atteint des niveaux très importants, le ralentissement de l’économie mondiale se faisait déjà pressentir et il ne manquait plus qu’un catalyseur pour gripper le rouage infernal d’une croissance sous perfusion des Banques Centrales.

Les montants d’aide annoncés au soutien des économies sont gigantesques. Lors de la crise de 2008, on estime que les montants mis à disposition furent de l’ordre de 6,8% du PIB américain. Les montants annoncés aujourd’hui représentent plus de 9% de PIB américain, et ce n’est qu’un début…

En Europe, à la problématique de timing de sortie de crise s’ajoute un problème beaucoup plus important. L’Europe arrivera-t-elle de surcroit à surmonter la faiblesse de sa solidarité ? Ce n’est pas sûr. La coordination européenne a montré toutes ses faiblesses tant au niveau de l’entraide entre les pays sur le plan sanitaire que dans les réponses économiques. Seule la Banque Centrale Européenne essaie de garder une ligne de conduite. L’absence d’émission des fameux « Corona Bonds » rappelle toute la fragilité de la zone Euro : même débat que durant la crise grecque avec les mêmes arguments.

Nous privilégions donc la zone américaine dans nos investissements.

II – Impact et choix d’investissement

L’impact de cette crise est fort sur les entreprises. Mettre 85% des économies mondiales à l’arrêt n’est pas sans effet pour la valorisation des actifs tant obligataires, qu’actions.

Certains secteurs cycliques sont particulièrement touchés : l’aérien, le tourisme, l’industrie en général, les matières premières (qui subissent en plus la guerre des prix menée par les pays producteurs) ainsi que les valeurs financières.

D’autres le sont moins, comme la santé, les sociétés technologiques ou celles qui vont même bénéficier du nouvel élan du télétravail avec la thématique du « Stay and work at home ».

Les croissances des bénéfices seront revues à la baisse. Les entreprises tirent au maximum sur leurs lignes de crédit, mettent fin aux investissements, aux projets de croissance externe ou encore aux rachats d’actions. On notera également la mise à contribution des actionnaires qui subiront les demandes des gouvernements pour réduire les montants de dividendes des entreprises aidées.

Il ressort de ces quelques lignes que des opportunités vont voir le jour, particulièrement sur les marchés actions et sur le marché américain.

III – Mise en œuvre dans notre gestion

Dans notre dernière publication, nous évoquions le redéploiement de nos 2 fonds PERGAM Active l Dividend et Pergam Global Fund en saisissant des opportunités :

Visa : leader mondial des systèmes de paiement. La croissance de la société ces dernières années lui a permis d’atteindre des sommets en terme boursier. Malgré les évènements actuels, la société table sur des revenus stables pour 2020 et un fort rattrapage en 2021. Baisse du titre sur le mois de Mars : -11%

Danaher : fabrication de produits médicaux et de tests. Danaher va être un fournisseur important aux Etats-Unis des tests sur le Corona Virus. La société dispose d’un management reconnu et capable de passer ce type de crise. Baisse du titre sur le mois de Mars : – 4%

En outre, dans la SICAV Pergam GLOBAL Fund nous avons porté l’allocation actions à un niveau proche de 30% en concentrant nos investissements sur :

– Des allocataires d’actifs comme Berkshire Hathaway ou Markel

– Des grandes valeurs du secteur de la santé : Le suisse Vifor Pharma, Unitedhealth, Sanofi, ou encore un acteur américain de la télémédecine Teladoc.

– Des valeurs technologiques : Amazon, Netflix, ou encore TeamViewer ou Zoom qui vont bénéficier du travail à domicile.

– Des valeurs liées au pétrole : même si la guerre est importante et la demande en forte baisse, le prix du baril ne devrait pas rester durablement à 20$.

Ces investissements devraient nous permettre de participer à des rebonds probablement heurtés, mais plus généralement à la reprise progressive de l’économie dans la deuxième partie de l’année.

Les Etats-Unis sont historiquement les leaders de la reprise. Nous sommes également convaincus que l’or est un actif à détenir.

L’optimisme reste mesuré dans cet environnement mais nous souhaitons faire preuve à long terme d’une vision constructive même si le timing reste crucial.

Aymeric DIDAY
Directeur de la Gestion sous Mandat

Achevé de rédiger à 15h00 le 03/04/2020