Le mot du Gérant

 

13 mai 2020

 

Vers un déconfinement des marchés ?

Lorsque le 17 janvier 2020, LVMH atteignait son plus haut historique à 439€, peu de gens se doutaient que 4 mois après le PIB de la France chuterait à un rythme annualisé de plus de 30%.

Les indices boursiers étaient tous dans le vert et les marchés étaient placés sous le signe de la complaisance occultant le drame du coronavirus en Chine.

Cette tendance a été stoppée nette en mars avec les signes de l’arrivée du virus en Europe et particulièrement en Italie induisant un choc pétrolier aggravé par le comportement de l’Arabie Saoudite. Les investisseurs ont subitement pris conscience du drame sanitaire et économique qui se profilait.

La réponse des autorités a été massive et historique. Les premières injections de liquidité à des niveaux exceptionnels ont été une réponse en ligne avec l’intensité de la crise et de ses impacts. Ces soutiens ont permis d’endiguer la baisse et de corriger l’excès de pessimisme.

Nous rentrons désormais dans une période, que l’on pourrait qualifier de complexe tant l’appréhension des conséquences économiques est difficile.

Les marchés anticipent actuellement une crise, courte et mieux maitrisée aux Etats-Unis qu’en Europe.

En effet, les américains ont fait le choix de privilégier l’économie, peut être au détriment de la santé (en raison de la campagne présidentielle en cours ?). Les Européens, en revanche, font face non seulement à une crise différenciée selon les pays, mais également à une absence totale de cohésion quant aux méthodes et réponses à l’épidémie. La Banque Centrale Européenne doit, comme à son habitude, jouer les pompiers malgré les réticences des Allemands. Cette gestion de la crise par les Européens ne sera pas sans conséquence et risque de faire planer un vrai problème sur la solidité de l’Europe.

Cette nouvelle période nous a incités à privilégier les investissements dans la zone américaine. Les leaders mondiaux en matière de technologie semblent immunisés contre la crise. Nous avons ainsi investi dans des titres comme Apple, Alphabet, Microsoft ou encore Visa, que ce soit en direct, dans les comptes gérés ou par le biais de notre fonds d’allocation PERGAM Global Fund. Ce dernier est aujourd’hui exposé à 29% en actions dont 74% en grandes sociétés américaines.

La reprise boursière que nous avons connue ces dernières semaines a été très rapide. Nous pensons cependant que cette nouvelle phase va inciter les investisseurs à devenir plus sélectifs. Ceci pourrait de nouveau engendrer de la volatilité.

La partie obligataire a particulièrement souffert depuis le début de l’année. Cependant, les montants mis en avant par les Banques Centrales et les Etats sont rassurants. C’est pourquoi nous conservons nos positions sur les différents fonds obligataires investis sur des obligations à haut rendement ou sur les dettes financières.

Au fur et à mesure du déconfinement des Etats américains, le chômage, qui est aujourd’hui de plus de 14% aux Etats Unis pourrait n’être que temporaire. La consommation, moteur historique de l’économie américaine devrait également reprendre. La vélocité de cette reprise reste toutefois liée au comportement humain qui par nature est difficile à prévoir face à une telle crise.

La perspective de l’élection américaine va également revenir sur le devant de la scène avec ses aspects positifs (affinités de Donald Trump avec les marchés financiers) mais également avec ses risques (tensions renouvelées avec la Chine).

Ces éléments devraient conduire vers une amélioration de l’économie avec une plus forte visibilité mais plutôt vers la dernière partie de l’année.

Aymeric DIDAY
Directeur de la Gestion sous Mandat

Achevé de rédiger à 14h00 le 12/05/2020