PERGAM NEWS

 

23 septembre 2021

 
 
 
 
 

Vers la fin du « libéralisme » chinois ?

 

Soupçonnée d’être le pays responsable de la pandémie mondiale, la Chine se replie sur elle-même. Le gouvernement veut reprendre en main son peuple et son destin économique.

La reprise chinoise a été forte, mais elle montre déjà des signes d’essoufflement. Le gouvernement ne respectera pas les engagements commerciaux qu’il avait pris avec les Américains, ce qui n’augure rien de bon sur le plan international et sur la confiance des investisseurs envers le marché chinois.

En outre, la géopolitique sino-américaine est toujours aussi compliquée… et le récent soutien de Pékin au nouveau régime Afgan ne va pas apaiser les tensions.

Au plan interne, la population chinoise vieillit et selon un récent rapport paru sur le sujet, elle pourrait avoir diminué de moitié à l’horizon 2100.

La reprise en main promet d’être forte

Le gouvernement chinois multiplie les opérations de reconquête de son destin et cible des sujets aussi sensibles que cruciaux dans sa croisade :

Transformation des entreprises d’éducation en sociétés d’Etat : la fin de la politique de l’enfant unique ne prend pas tant le système éducatif coûte cher en Chine.
Le gouvernement a donc décidé de nationaliser les entreprises liées à ce secteur,

Protection des mineurs, par régulation des jeux d’argents et des jeux en ligne : l’addiction aux jeux vidéo est qualifiée par le gouvernement chinois d’« Opium du peuple». Ce dernier souhaite réguler les heures d’accès au jeu et le temps maximum quotidien autorisé,

Mise en place d’une taxation sur les hauts revenus : le président Xi Jinping a déclaré mi-août qu’il souhaitait « limiter les revenus déraisonnables » afin de redistribuer les richesses. Des rumeurs font également état d’éventuels impôts sur la propriété et sur les successions. Ces annonces ont fait peur aux géants français du luxe, qui réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires et de leurs marges sur cette zone,

L’immobilier est également visé : au nom de la prospérité commune, la Chine se montre prête à laisser Evergrande, l’un des principaux promoteurs immobiliers chinois, faire défaut.

Ces décisions sont l’œuvre d’un gouvernement déterminé à reprendre en main l’avenir de son peuple pour lutter contre le pouvoir grandissant des entreprises privées du numérique, quand les Etats-Unis et l’Europe deviennent soumis au diktat d’entreprises au chiffre d’affaires supérieur à celui de nombreux Etats et à la capitalisation boursière comparable à la richesse de beaucoup de pays.

Le point de départ de cette idéologie communiste retrouvée fut le blocage de l’introduction en bourse d’Ant Group, filiale fintech du géant ALIBABA, prévue à Shanghai et Hong-Kong en novembre 2020. Jack Ma, le président du groupe, fit alors l’objet des plus folles rumeurs lors de sa disparition de la scène médiatique, pendant que son groupe subissait l’acharnement de l’antitrust chinois, infligeant une amende de 18 Milliards de dollars à cette entreprise.

Pendant ce temps, la croissance chinoise continue de ralentir mais reste encore à des niveaux élevés, comparativement aux autres grandes économies mondiales.

Quelles conséquences pour notre gestion ?

Les investissements que nous avons réalisés sur cette zone pâtissent actuellement des décisions du gouvernement chinois et de leurs répercussions sur les indices boursiers concernés. Cependant nous pensons que le développement de la classe moyenne, le niveau de croissance de cette économie et la volonté ultime du gouvernement chinois de ne pas laisser son peuple mourir de faim à cause d’une inflation trop forte permettront aux marchés financiers de retrouver le chemin de la hausse dans les prochains mois. Les récentes mesures d’assouplissement des réserves réglementaires imposées aux banques chinoises en sont le premier signe.

Convaincus que le repli boursier actuel du marché chinois est conjoncturel en cette phase de régulation drastique, nous conservons une exposition significative à cette zone au sein de nos mandats,

pour être suffisamment investis « quand la Chine se réveillera ».

 
 
Aymeric DIDAY
Directeur de la Gestion